J'ai tout compris, je viens d'un univers parallèle subtilement différerent de celui-ci, c'est la seule explication possible.
Je suis en effet en train de lire Cro magnon toi même, de Michel Raymond (au passage, ce livre semble peu sérieux dans sa bibliographie, et donc je ne le recommande pas). Un chapitre de ce livre est dédié aux différences entre hommes et femmes, et plus précisément à la question de savoir si les différences qu'on observe dans notre société sont de nature biologique ou bien engendrées par la société. La conclusion est sans appel : "Hommes et femmes sont différents génétiquement, chromosomiquement, physiologiquement, anatomiquement, physiquement et cognitivement", et la plupart des différences qu'on observe, par exemple l'attirance "innée" des petites filles pour les poupées et la couleur rose, et l'adresse "innée" des petits garçons au lancer et leur attirance pour les camions, sont d'ordre biologique (il est donc futile d'espérer les faire disparaître).
Or, monsieur Raymond se sent malheureux : il est convaincu de ce qu'il avance, mais il est bien le seul et son message est très mal reçu ! Plusieurs passages de son livre l'attestent : "On considère encore le comportement féminin et masculin comme résultant uniquement d'une construction culturelle", "Ce refus obstiné d'envisager la possibilité de l'existence de déterminismes biologiques chez l'Homme", "Enfin, n'oublions pas qu'il est d'usage, dans notre société française, de considérer la différence entre l'homme et la femme comme une construction sociale. Il est donc politiquement incorrect d'envisager que des facteurs biologiques puissent expliquer une partie des différences physiques et, surtout, cognitives entre les hommes et les femmes".
Stupéfaction ! Moi qui suis justement persuadée que la plupart des différences entre hommes et femmes sont engendrées par la société (j'exclus de la liste les différences physiques sur lesquelles je n'ai pas d'avis net), j'ai au contraire l'impression que personne n'est d'accord avec moi, et que tout le monde, amis, collègues, média, ... essaie de me convaincre que ces différences sont biologiques.
Il n'y a donc qu'une seule explication : Michel Raymond et moi-même vivons en fait dans deux univers parallèles subtilement différents. Dans celui où vit M. Raymond, les gens pensent comme moi, et dans l'autre, où je vis, les gens pensent comme M. Raymond. Pour une raison qui reste à déterminer, nous avons été arrachés à nos univers respectifs et échangés. En lisant son livre, j'ai l'impression que M. Raymond est tout aussi malheureux dans mon univers que je le suis dans le sien. Il ne nous donc reste plus qu'à trouver comment retourner chacun chez nous pour que tout rentre dans l'ordre ! ;)
Note : Je me permets de dire que Michel Raymond a été peu sérieux dans sa recherche bibliographique car, dans le chapitre 4, dédié aux différences hommes/femmes, il parle des différences entre les cerveaux sans citer les travaux de Catherine Vidal, chercheuse en neurosciences de renom qui s'est penché sur la question et atteint des conclusions diamètralement opposées à tous les travaux cités par M. Raymond (voir par exemple l'excellent Cerveau, sexe et pouvoir, de Catherine Vidal et Dorothée Benoit-Browaeys).
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